La plupart des familles emmènent leur enfant chez le dentiste quand une dent fait mal. Les praticiens spécialisés en dentisterie pédiatrique suivent une autre logique, celle d’un calendrier calé sur la croissance, avec des étapes repérées où un examen apporte le plus d’informations. Ce calendrier reste largement méconnu.

Avant la première dent, une consultation qui s’adresse aux parents

La première visite est généralement conseillée avant même l’éruption de la première dent. L’enfant n’y est pas vraiment l’objet de l’examen. Elle sert à répondre aux questions des parents sur le brossage, le choix du dentifrice, les boissons et les moments de la journée où le sucre pose le plus de problèmes.

Le Centre Médico-Dentaire Balexert, à Genève, décrit ce rendez-vous initial comme le point de départ d’un suivi qui s’étale ensuite sur toute la croissance. Ses praticiens précisent à quel âge emmener son enfant chez le dentiste selon les étapes de la dentition, du nettoyage des gencives avant l’apparition des premières dents jusqu’au suivi de l’adolescence et des dents définitives.

Les âges où le calendrier se resserre

Au cours de la deuxième année, l’enfant comprend mieux ce qui se passe et la coopération devient possible. Un premier contrôle des dents de lait peut alors se faire, souvent par examen visuel et caméra intrabuccale, sans radiographie à ce stade.

Vers 6 ou 7 ans arrivent les premières dents définitives, les molaires notamment. Leur émail et leur position sur l’arcade font l’objet d’une attention particulière, et c’est le moment où des mesures de prévention peuvent être proposées.

Entre 10 et 12 ans, les dents de lait ont généralement toutes été remplacées. C’est habituellement à cette période qu’a lieu une première consultation d’orthodontie, pour évaluer l’alignement.

Entre 16 et 18 ans, un éventuel traitement orthodontique se termine et la question des dents de sagesse se pose, avec un dépistage de leur présence et de leur position.

Ce suivi mobilise plusieurs métiers autour du dentiste, hygiéniste dentaire, assistante en prophylaxie, orthodontiste ou chirurgien oral selon les situations. Les rendez-vous ne se ressemblent donc pas tous, et leur contenu évolue avec l’âge de l’enfant.

L’intérêt des rendez-vous quand tout va bien

Ces consultations régulières poursuivent deux objectifs qui n’ont rien à voir avec le soin d’une dent douloureuse.

Le premier tient au repérage précoce. Certaines situations se traitent plus simplement lorsqu’elles sont identifiées à un moment favorable de la croissance, ce que les praticiens appellent des fenêtres thérapeutiques. Passé ce moment, la même situation demande parfois une intervention plus lourde.

Le second est relationnel, et il compte autant. Un enfant qui vient plusieurs fois dans un cabinet sans jamais y avoir eu mal aborde différemment un soin le jour où il devient nécessaire. Cette familiarité se construit sur des visites où il ne se passe rien de particulier, ce qui explique qu’elles paraissent inutiles sur le moment.

Ces repères sont des tendances générales, pas des règles applicables telles quelles. Le rythme réel se décide avec le praticien qui suit l’enfant, en fonction de sa dentition et de ses habitudes.

À lire également :